1786 – Réapparition

La Franc-Maçonnerie réapparaît définitivement à Épinal.

La Respectable Loge « La Parfaite Union » est fondée par onze militaires du Régiment de Noailles dont son Colonel-Commandant Monseigneur le Prince de Poix.
Les Constitutions sont octroyées le 17 avril 1786.
La Loge est régulièrement installée le 28 juin par les officiers délégués de la Loge Mère « St Louis – St Philippe de la Gloire » Orient de Nancy.
Cette nouvelle Loge connaîtra une grande activité jusqu’à la Révolution Française. Les Vénérables successifs seront:

  • Stanislas de Battincourt en 1786
  • J. Louis de Clermont Crêvecœur en 1787
  • J. François-Xavier de la Salle de Fremifontaine en 1789

Dès le 29 août 1786 on note la fondation d’un Chapitre Rose Croix qui vient se greffer sur la Loge. Le président en sera Charles Joseph Viriot de Dompaire, officier au Régiment.

Cette Loge comptera toujours une majorité de militaires (la plupart nobles) issus des Régiments de Noailles et d’Angoulême-Dragons en garnison à Epinal.

Certains sont quand même d’origine spinalienne, tels Stanislas de la Salle de Faucompierre, Molet de Brejeot, Valentin d’Uriménil…
Elle comptera aussi, suivant les usages de l’époque, mains ecclésiastiques Chanoines de Chaumouzey ou Minimes d’Épinal.  Elle admettra de plus en plus de civils vosgiens et spinaliens : bourgeois, avocats…

A la veille de la Révolution, la « Parfaite Union » compte 80 membres. Le nombre l’incite probablement à se scinder, les militaires de Noailles veulent fonder leur propre Loge. « L’Aménité de Noailles » ne sera en fait définitivement installée qu’à Carcassonne, nouvelle garnison du Régiment. Le Vénérable sera le Comte d’Andelarre.

Parmi ces 80 membres on compte 58 militaires plus ou moins titres et gradés, deux ecclésiastiques et des civils dont la moitié sont des avocats.

La Loge semble travailler assez régulièrement jusqu’en 1790. Elle interrompt probablement ses travaux durant la Révolution.

Elle reprend force et vigueur en 1802.

Le tableau de la Loge comprend, d’un seul coup, 64 noms. Mais cinq Frères seulement de l’ancienne Loge réapparaissent dans la liste. Ils ont curieusement changé de « raison sociale ». On peut noter la disparition à peu près totale des militaires et nobles au profit des négociants, industriels, quelques fonctionnaires et notabilités.

Après cette brusque et apparemment brillante reprise « La Parfaite Union » retombe peu à peu dans une nouvelle léthargie. Dans une lettre du 6 juin 1805 le Trésorier tente de justifier le retard du payement des cotisations.

« Ce retard ne peut être attribué qu’au refroidissement d’un grand nombre de FF.·. dont plusieurs ont quitté les travaux, et la négligence qu’ils ont apporté dans le payement de leur cotisation « .

En 1806, l’effectif est tombé à 27 membres. Le Vénérable est alors Jean-Baptiste Perrin, rentier.
En 1807, le tableau publie 24 membres.
Les quatre années suivantes nous sont à peu près inconnues. Les tableaux ne sont plus envoyés à Paris… C’est la chute de l’Empire.
En 1812, le tableau indique à nouveau 27 membres, 15 affiliés (et 17 « absents « ).
Furent Vénérables de « La Parfaite Union » à cette époque:

  • 1802 – 1807 – 1811: Léonard Piers
  • 1806: Jean Baptiste Perrin
  • 1803: Jean Nicolas Gobert
  • 1813: Nicolas Welche
  • 1819: Henri Joseph Hogard
  • 1820: François Vosgien

En 1812 se passe à Epinal un événement maçonnique important. Il semblerait, à la lumière de cet événement que le déclin de la « Parfaite Union » ait été dû à des dissensions internes (dont nous ne savons pas grand chose). En tout cas le 26 mars 1812, parallèlement à la « Parfaite Union » se crée à Epinal une nouvelle Loge qui comprend très probablement tous les « opposants » à l’ancienne équipe.

Ce nouvel atelier « La Parfaite Amitié » n’aura d’ailleurs qu’une vie éphémère et refusionnera un an plus tard avec « La Parfaite Union » avec de grandes embrassades maçonniques et des discours émus. Cette cérémonie de retrouvailles aura lieu le 25 mai 1813… juste avant l’Invasion. On possède le tableau complet de cet éphémère atelier.

C’est l’invasion, quelques des Prussiens occupants fréquentent la Loge, en tout oecuménisme maçonnique tel le Frère d’Armansperg, Chambellan du Roi de Bavière, le Baron Von Molkte, commandant la place d’Epinal. Le 7 avril 1814 le Chapitre d’Epinal lui confère le grade de Rose Croix.

Le 30 octobre 1819, la Loge reprend à nouveau force et vigueur… C’est la Restauration. Elle adopte alors de nouveaux « statuts et règlements « .
En voici quelques extraits
– art. 9 : « Le F. M.·. s’interdira toute discussion directe ou indirecte contre le gouvernement, contre aucun culte religieux et contre la bienséance et les bonnes moeurs… »
– art. 10: « Il renoncera à toute fréquentation de L.·. irrégulière et à rassembler un comité maç.·. hors de la Loge, à moins qu’il n’y soit autorisé par une délibération expresse qui émane d’elle… »
Ces nouveaux règlements sont signés :
François Vosgien, Vénérable
Hogard, Premier Surveillant
Colin, Orateur
Pellet, Orateur Adjoint
Legros, Sécrétaire
Mougeot, Maitre des Cérémonies
Cottard, « Maître d’Hôtel « 
Les chevaliers Rose Croix : Piers – Richard – Bourcier – Aubert – Bredard
Les Maitres : Lamiché – Lamarche – Lebrun – Clément – Legros – Guilgot.

La Loge compte alors un très grand nombre d’ex-militaires napoléoniens… dont plusieurs conspirent contre le gouvernement. Le tableau de « La Parfaite Union » de 1821 indique alors 45 membres.

De 1821 à 1827 la Loge sombre à nouveau dans une période de léthargie. Le 1er mars 1822 le Trésorier écrit au G.·. O.·. et déclare ne plus pouvoir payer ses cotisations. Il reprend contact avec le G.·. O.·. le 30 janvier 1828 et explique

« Les travaux n’étaient plus fréquentés que très rarement et par un petit nombre des anciens membres de la Loge qui, resserrant les noeuds de la fraternité, s’étaient décidés à faire les sacrifices nécessaires au payement du loyer »

En 1828 se produisit un nouveau réveil de l’Atelier L’avocat Mougeot est Vénérable
L’Atelier compte alors:

  • 22 officiers
  • 34 « ouvriers « 
  • 20 « associés libres « 
  • 2 Maitres d’Hôtel
  • 4 Frères « à talent »
  • 3 Frères Servants

Le ler mars 1829 est envoyé le dernier tableau connu de la « Parfaite Union ».
Le chapitre Rose Croix compte 29 chevaliers, le Président en est Mougeot.
En 1833 la mise en sommeil est définitive…