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Droit de reponse au journal L Express
Yvette Ramon Grand Commandeur de la Fédération française du Droit Humain
A : Monsieur Christophe Barbier, Editorialiste à "L’Express"
J'ai lu avec attention l’article dont vous êtes signataire dans le n° 3010 de L’Express, intitulé "Les Francs-Maçons au cœur de l’Etat".
L’Ordre Maçonnique Mixte International "Le Droit Humain", dont je suis l’un des représentants pour la Fédération française,- 4° Obédience en France-, bien que n’ayant pas été citée, se sent solidaire des attaques dont tous les membres des Obédiences françaises sont l’objet, car votre article contient, non seulement des contre-vérités, des inexactitudes, mais aussi des propos relevant de ce qu’on pouvait lire au 19° siècle jusqu’au milieu du 20°, je vous cite :
"La Maçonnerie se complaît aujourd’hui dans l’obscurantisme du non-dit. …la funeste tradition du secret maçonnique. Le secret, en fait, c’est le mensonge. Pour S. Coignard, pas de doute (il) a rempli son devoir fraternel en niant son appartenance. La seule raison d’être du secret, c’est l’influence."
Je n’irai pas plus loin dans les citations, cela m’obligerait à être trop longue.
Réglons, une fois pour toutes, l’affaire du "secret maçonnique" : A ceux qui entrent en Maçonnerie, il est demandé deux choses : ne pas dévoiler le nom des membres de leur Obédience, ne pas divulguer les délibérations des travaux de leur Loge.
C’est tout.
Que des Maçons disent qu’ils le sont, c’est leur affaire,et personne en Maçonnerie ne le leur reprochera, bien au contraire, mais le moindre des respects des autres ne les autorise pas à les dévoiler, et ce, quelle que soit la position sociale qu’aient ces autres.
Car,quoi qu’en pense Mme Coignard, "l’anti-maçonnisme primaire" n’est pas mort, il suffit de surfer sur Internet pour s’en rendre compte, quelques sites sont fort clairs à ce sujet ; de plus, certains chefs d’entreprise, qui sont loin d’avoir des idées progressistes, ne supportent toujours pas d’avoir des Maçons parmi leurs employés ; tous les Maçons ne sont pas ministres, hauts-fonctionnaires, ou dirigeants de banques !
Ne pas divulguer les délibérations des travaux de leur Loge : c’est aussi élémentaire que de ne pas mettre sur la place les discussions que tout-un-chacun peut avoir au sein de sa propre famille.
Il faudrait…"recommander aux membres des Obédiences maçonniques de revendiquer leur appartenance à une Loge" .
Pourquoi cette insistance à vouloir tout savoir sur tout le monde ? Le chemin de progrès sur soi que chaque Maçon entreprend lui est personnel, et libre à lui de dire qu’il (elle) est Franc-Maçon, si cela ne risque pas de lui nuire, dans sa vie professionnelle en particulier...
En ce qui me concerne, très fière d’être membre du "Droit Humain", je n’ai jamais dissimulé mon appartenance à l’Ordre, même lorsque je n’étais pas à la tête de notre Fédération, cela ne relevant que d’un choix personnel ; mais si je ne l’ai jamais dissimulée, je ne l’ai pas davantage étalée …
En vertu de quoi devrait-on tout dévoiler de sa personne, si ce n’est pour participer de la soi-disant transparence, (j’appellerais plutôt cela manifestation de voyeurisme, ou/et volonté de fichage) fort à la mode actuellement ?
Chaque année, vous et vos confrères, faites vos "Une" sur la Franc-Maçonnerie : ces "marronniers" n’apprennent pas grand-chose au public, ils font vendre du papier, et sont souvent amusants ; cependant, lorsque des propos haineux tels que ceux qui sont cités au début de mon courrier sont publiés, nous ne pouvons rester silencieux : on est responsable de ce qu’on n’a pas essayé d’empêcher, disait en substance JP Sartre.
Il est également curieux de constater que les Maçons ont les "faveurs" de vos publications, alors qu’au cœur de notre République, pour l’instant encore laïque, d’autres, dont les manœuvres sont inversement proportionnelles à leur discrétion, sont soigneusement épargnés (protégés ?).
Comme vous n’avez pas de rubrique "courrier des lecteurs" dans votre hebdomadaire, j’ose espérer que vous considèrerez cette missive comme un droit de réponse.
Je vous prie d’accepter, Monsieur, l’expression de mes meilleures salutations.
Yvette Ramon
Gd Commandeur de la Fédération française du Droit Humain
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