1945
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Le 4 mars 1945, cinq mois après la libération d'Épinal, les FF... de La Fraternité vosgienne tiennent une première réunion au local de la rue de Provence (certains disent chez le F.·. Simon). Ils se retrouvent après une séparation de près de 5 ans. Neuf FF.·. sont présents : Simon, ex-Vén.·. en 1939, Demangeon, ex-Or.·., Gonand, Gauthier, Marchal, Uriot, Lorrain, Bordenave et Siegel.
Quelques visiteurs se joignent à eux : Claude et Simonin, de la L.·. de Saint-Dié, Roussel et Lanly, de Remiremont et un F.·. américain, Saffer, de l'Or.·. de Cincinnati.
Le compte-rendu de cette réunion est rédigé par le F.·. Simon. Cette réunion, de caractère profane, est suivie de plusieurs autres. Le 18 novembre, une dernière réunion désigne les Off.·. provisoires. Vén.·. : Paul Demangeon, 1° Surv.·. : Simon, 2° Surv.·. : Finance, Or.·. François, Sec.·. Uriot. Plusieurs autres rencontres, intitulées "séances", plus ou moins régulières, le nombre de F.·. ne permettant pas d'ouvrir régulièrement les Trav.·., ont lieu. Dans cette période de reprise, l'At.·. fonctionne avec environ 10 FF.·. Sur les 8 assidus, 6 sont des enseignants.
Ces premières réunions sont consacrées à la réorganisation de la L.·. :
réinstallation dans les locaux dévastés, reconstitution des listes, régularisation des affiliations, etc. La période de l'Occupation a laissé des cicatrices. Nous sommes en pleine épuration. Les "réinscriptions" sont soumises à l'approbation des hautes autorités maç.·., d'après les témoignages fournis par des FF.·. d'Épinal. Ces FF.·. semblent avoir assez peu apprécié ce rôle de juges inquisiteurs qu'on veut leur faire jouer. Beaucoup de FF.·., bien que n'ayant pas à rougir de leur attitude pendant la guerre, refusent de se soumettre à ces contraintes. Une lettre adressée à Paris, le 8 mars 1946, par le F.·. Simon au nom de l'At.·., témoigne bien des réactions. Finalement, c'est seulement 18 FF.·., sur 50 à 60, qui réintègrent l'Atelier. En mars 1946, les locaux sont officiellement restitués à la L.·. par le "Secours national". En fait, ils sont inutilisables. En attendant, les Ten.·. ont lieu au domicile du F.·. Demangeon.
Dès le 18 novembre 1945, la machine obédientielle s'est remise en route. Les questions à l'étude des LL.·. parviennent de Paris, ainsi que des appels substantiels de capitation. Déjà confrontés aux réparations les FF.·. protestent.
C'est seulement le 17 novembre 1946, grâce à la présence de FF.·. visiteurs, que s'ouvrent régulièrement les Trav.·. Le collège des officiers est reconduit. Au cours de cette Ten.·. notre F.·. Alberto Lesmarie est initié. En fait, cette admission ne se fait pas dans les normes maçonniques, la cérémonie est impossible à organiser et notre F.·. est admis sans cérémonie. Le premier F.·. "normalement initié" est le F.·. Yves Ruaux, instituteur, le 8 juin 1947. Si le recrutement est faible, l'état J continue d'être fluctuant. Des anciens se manifestent, hésitent. D'autres renoncent définitivement. Notre F.·. Marc Rucart démissionne du G.·.O.·. et s'affilie au D.·.H.·. Autre célébrité, Louis Lapicque s'affilie à Paris, mais encourage la reprise de notre L.·. Si le recrutement est volontairement prudent, les demandes ne doivent guère affluer. Les FF.·. Lesmarie et Ruaux, et beaucoup plus tard le F.·. Guiot, seront les seuls admis durant les dix ans qui suivent la reprise.
Les FF.·. se remettent au travail. Les questions débattues à l'époque ont des thèmes éloquents. Ce sont prioritairement les questions conventuelles : "Crise de la moralité actuelle", "L'Éducation civique des femmes". On s'interroge beaucoup sur les causes de "l'effacement" de la Maç.·. pendant la guerre. Certains, tel le F.·. Gonand, pensent que cela est dû aux positions laïques et politiques du G.·.O.·. et à l'abandon du G.·.A.·.D.·.L.·.U.·.
Temps difficiles. Les tenues se font toujours au domicile du F.·. Demangeon. Init.·. et augm.·. de salaire se font à Remiremont. En 1950, de guerre lasse, l'At.·. songe à céder le local à la S.A.I.G.O.F. ou même le vendre à la ville.
Effectif oblige, le collège des Off.·. se modifie peu. Ceci jusqu'au brusque décès en 1951, du F.·. Demangeon. Le F.·. François prend alors le 1° maillet. L'effectif est resté pratiquement identique. Heureusement les FF.·. de Neufchâteau et de Remiremont fréquentent notre Loge régulièrement. Ceci permet en 1952 d'organiser une fête solsticiale, présidée par le S.·.G.·.M.·. Francis Viaud. Sociologiquement, cooptation aidant, les enseignants, d'ailleurs très assidus, continuent d'être majoritaires.
C'est ainsi que le 11 janvier 1953, le profane Guiot, inspecteur d'académie, est initié très solennellement en présence de nombreux FF.·. Ce nouveau F.·., très dynamique, sera Ven.·. trois ans plus tard. Le recrutement semble reprendre : 5 initiations en 1954-1955, dont 3 le même jour. A la fin du Vénéralat de Georges François, l'At... compte environ 20 FF.·. "actifs" dont la moitié d'enseignants. Sur ces 20 FF.·., 10 sont des "anciens" d'avant guerre.
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